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Lewis Racoll
MessagePosté le: 27/01/2008 17:42:59  Galerie de portraits --> Répondre en citant

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Localisation: Un peu à l'Ouest, parfois !

Le BERNARD LAVILLIERS(1)




Bernard Lavilliers naît le 7 octobre 1946 à Saint Etienne.

On est encore loin à l'époque de la fameuse épopée des "Verts", et de la victoire qu'ils faillirent décrocher en finale de la coupe des champions contre le Bayern de Munich (1976), ceci pour dire l’audace visionnaire du chanteur ; en effet, si l’équipe de foot locale n’avait pas brillée trente ans après, cette biographie aurait commencé ainsi : « Bernard Lavilliers est né dans une contrée de Rhône-Alpes dont le seul mérite était son usine d’armes et de vélos. Il aurait pu naître à Sochaux, c’eut été à peu près pareil ».

Son père est ouvrier. Sa mère institutrice. Sa tante est la sœur de sa mère.

A l’âge de 7 ans, Bernard est frappé d’une congestion pulmonaire. Ses parents, trop pauvres pour l’envoyer en sanatorium, choisissent de le perdre dans la forêt. Mais Bernard retrouve le chemin du domicile familial grâce aux petits cailloux qu’il avait pris soin de glisser dans sa poche un peu avant. En guise de punition, il fréquentera l’école. Élève indiscipliné, il effectuera un an en maison de redressement, voire deux suivant les biographes. Six mois m’auraient suffi, personnellement (mes parents à moi n’ont jamais tenu leurs promesses faut dire).

Il rêve de devenir boxeur, écrivain ou dessinateur de Pif le chien.
Son C.A.P de tourneur en main, il part travailler à l’usine en attendant mieux. C’est à cette époque qu’il ébauche ses premières chansons (les planches qu’il envoya à l’éditeur de Pif, Mr Vaillant, furent sans réponse, brisons vite le suspense) dont il régale, le soir venu, les publics restreints mais attentifs du coin.

Il tombe alors amoureux d’une brésilienne qui lui propose de le rejoindre sur sa terre natale. Bernard n’hésite pas une seconde : l’appel du brésil, ce rêve encore mieux fichu que New-York et que la discographie de Léo Ferré, plutôt que son meublé à Saint Etienne... mais ce qu’il découvre là-bas, ce sont les favelas ! C’est beaucoup plus grand qu’un meublé dans le 42, mais on a beaucoup plus vite envie d’en sortir aussi. En même temps, « Favelas Do Brasil », ça sonne mieux comme titre de chanson que « Meublé, Mon Amour ».
Lavilliers est doublement désemparé au moment de rompre avec sa compagne ; Il n’a plus un sou en poche et il lui faut faire les pires métiers pour survivre sur ce continent lointain : docker, conducteur de camion, danseuse de carnaval.
Se sentant menacé, il rentre en France à toute vitesse, aux commandes d'un avion qu'il dérobe sur l'aéroport de Sao Paulo. Mais là, une nouvelle déconvenue l'attend : lui qui n'avait pas donné suite aux convocations de l'armée pour effectuer son service militaire, va purger un an de prison. A Metz ! Un châtiment particulièrement exemplaire. Pour tenir le coup, il s'abreuve aux stances des grands poètes français, de Baudelaire à Apollinaire, en passant par Lavilliers.
A sa sortie, il décide de monter à Paris, en auto-stop, décidé à écumer les cabarets de la capitale. Sur son trajet il croise Jacques Mesrine et Albert Spaggiari ; tous deux seront marqués à vie par cette rencontre.

Il réalise deux 45 tours et un 30 centimètres pour le label Decca avant d’instiguer les évènements de mai 68. On ne le verra pas à cette occasion caillaisser les CRS en compagnie des étudiants de la Sorbonne ; il préfère soutenir les ouvriers de sa région natale aux accords de ses nouvelles chansons.

En juin de la même année, et comme finalement il ne se passait plus rien en France, Lavilliers va jusqu’au bout du calvaire et pose ses valises en Bretagne.
A la suite d’un concert qu’il vient de donner à La Grande Crêperie De Brest, un jeune chanteur l’interpelle :
« Bernard, j’aimerais te faire lire le texte d’une chanson que je viens d’écrire. Elle s’intitule « Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle est belle »... Lavilliers, dubitatif, se saisit de la feuille de papier péniblement arrachée d’un cahier A4 petits carreaux, et suggère à son admirateur un nouveau titre : « Qu’elle est belle ma Bretagne quand elle pleut ». Ce sera un succès sur les ondes quelques années plus tard.

La carrière du « chanteur Lavilliers » demeure pourtant infructueuse, et le stéphanois, comme on le surnomme dans la petite ville de Stéphane, taille à nouveau la route, cette fois-ci du côté de Marseille où il ouvre un restaurant et une boite de nuit. Les affaires, pour la première fois de sa vie, vont bon train. Mais Marseille, sans vouloir dénigrer, c’est encore pire que Metz, les bidonvilles du Brésil, l’Australie, une équation à deux ou trois inconnues, la dernière chanson de Florent Pagny, sa prochaine, un documentaire de TF1 sur la chirurgie esthétique, une émission de M6 sur la nouvelle coupe de cheveux de Florent Pagny, le Rubik’s Cube à résoudre en 7 secondes 3 quarts, et surtout, c'est plein de marseillais !
Lavilliers revend donc ses affaires, et sans aucun scrupule, à un agent immobilier local, Lucky Luc dit « J’t’immobilise plus vite que ton ombre » (d'où 'agent immobilier'), et s’en retourne à Paris.

Là-bas, il signe un contrat avec Eddie Barclay dit « J’m’immobilise plus vite que mon ombre, c’est l’arthrite ».
Barclay est d’abord réticent quand il voit débarquer dans son bureau ce guérillero en débardeur de cuir, puis il se dit : « J’ai déjà signé Carlos et Sylvie, je peux bien prendre un risque de plus ».

En 1977, Bernard Lavilliers foule pour la première fois la scène de l’Olympia-Bruno-Coquatrix (l’Olympia, plus simplement : Bruno Coquatrix a bien fait de mourir depuis) : la salle affiche comble et 1800 personnes (500 d’après la police, 3000 d’après la maison de disques) attendent à l’extérieur sans billet. Dépassé par ce triomphe, Lavilliers passe un coup de fil depuis sa loge à Jacques Higelin, espérant que ce dernier, habitué des grandes causes, lui vienne en renfort. Malheureusement, Jacques Joseph Victor en est à la quatrième heure de son concert-marathon à la MJC de Vaux-en-Velin, en train de s'émouvoir, avec un membre du public, étudiant en fac de musicologie, sur l'accord de 7ème quinte bémolée qu'il vient de trouver par hasard sous ses doigts chanceux, tu vois, mec. Higelin suggère alors à Lavilliers d'appeler Francis Lalanne, une nouvelle pousse prête à la relève et qui ne compte pas ses heures sup.

Lavilliers entame dans la foulée son premier tour de france. Non seulement il le remporte devant Raymond Poulidor comme tout le monde, mais il conduit le car, colle les affiches, tient la billetterie, supplée son batteur ou son guitariste quand ceux-ci sont restés bloqués à Nice suite a un concert un peu trop triomphal...

En 1980, son album « O Gringo » pourvoie les stations de radio en tubes, mais ni « La Salsa », ni l‘excellent « Traffic » n’atteignent la première place du hit-parade, étant donné qu’à cette époque ce sont trois chevelus décolorés qui raflent tout. Las de cet état Policier, Lavilliers décide à nouveau de se faire la malle, malgré le soutien indéfectible que lui témoigne Cristiana Eyre à ce moment-là...


... A suivre...


PS : remerciements à Bernard Lavilliers qui m'a aidé à écrire ce texte. Ainsi que d'autres.
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MessagePosté le: 27/01/2008 17:42:59  Publicité -->






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