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Fumiko ?... Mais ça se termine pas par I !
Becdanlo
MessagePosté le: 30/07/2007 19:36:33  Fumiko ?... Mais ça se termine pas par I ! --> Répondre en citant

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Lewis a écrit:

Citation:
Cest également grâce à elle que l’auteur japonais Junichiro Tanizaki put se faire un nom.




Ciel!!! Tanizaki! L'auteur du Pied de Fumiko!!!!
J'adore!

Le Pied de Fumiko est une petite nouvelle d’à peine 50 pages qui préfigure le Journal d’un Vieux Fou. On y trouve le « vieux» mais aussi son jeune ami qui est peintre ; ils tombent tous les deux amoureux des pieds de Fumiko. Dans l’extrait qui suit, le jeune peintre découvre une estampe dont le « vieux» aimerait qu’il s’inspire pour peindre Fumiko.
Tanizaki arrive à transcrire admirablement la tension du corps de la jeune femme:

« L’estampe représente une jeune femme, de cette beauté caractéristique de Kunisada, qui était exactement celle d’O-Fumi-san. Arrivée pieds nus des routes de campagne auprès d’un bâtiment inoccupé qui semble quelque vieux temples, elle est assise au bord d’une galerie extérieure, et essuie son pied droit souillé de boue avec une serviette. Son torse, tourné vers la gauche, tellement penché qu’il semble sur le point de tomber, est soutenu par un bras frêle. Le pied gauche prend appui sur le sol de la pointe de l’orteil et l’autre jambe est repliée. De la main droite elle s’essuie la plante du pied. Cette pose demandait une extraordinaire agilité d’exécution et montrait à quel point les peintres d’estampes d’autrefois étaient de fins observateurs des transformations gracieuses du corps féminin et quel intérêt profond ils lui portaient. Ce qui m’impressionna le plus était la manière équilibrée et si délicate de représenter la souplesse du corps au lieu de la maladresse à laquelle on aurait pu s’attendre, car tous les membres sont contorsionnés de façon extraordinairement compliquée. La femme est bien assise sur la galerie extérieure, mais dans une position instable. Comme je viens de le dire, le buste est si penché sur la gauche, tandis qu’elle plie la jambe droite dans une position dangereuse, qu’il suffirait de lui tirer légèrement le bras appuyé au sol pour lui faire perdre l’équilibre. Comme pour éviter ce risque, tous les muscles de ce corps délicat sont tendus comme un fil de fer imprimant à toutes les parties de sa personne un mouvement d’une beauté inexprimable. Ainsi, le plat de la main gauche qui supporte son épaule s’ouvre et adhère au plancher de la galerie extérieure, les cinq doigts comme pris d’une sorte de convulsion. De même, le pied gauche n’est pas mollement posé sur le sol, mais, preuve de l’énergie qui s’y investit, le gros orteil se recourbe en forme de bec d’oiseau.
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Dernière édition par Becdanlo le 09/08/2007 11:10:53; édité 1 fois
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MessagePosté le: 30/07/2007 19:36:33  Publicité -->






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Becdanlo
MessagePosté le: 08/08/2007 12:54:13  Fumiko ?... Mais ça se termine pas par I ! --> Répondre en citant

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L'oeuvre quasi mythique de Fragonard, Les Hasards heureux de l'escarpolette (1767), vérifie, dans une autre optique, ce fétichisme du pied, qui hante les contemporains et plus particulièrement ces amateurs en quête de scènes assez lestes pour satisfaire des sens blasés et exigeants. La délicieuse mule rose que la jeune maîtresse du baron de Saint-Julien envoie promener est tout à fait comparable à celles que Rétif décrit dans Le Pied de Fanchette deux ans plus tard. La scène offre l'image d'un temps suspendu et fixé, permettant au regard du voyeur de capter le spectacle d'un pied léger et gracieux. Quant à la mule méticuleusement dessinée de L'Escarpolette, elle a aussi ce privilège de vivre d'une existence brusquement indépendante. Contrastant avec le large flot voluptueux de la robe, cette minuscule note rose se détache de la scène avec insolence et provocation. Aérienne, elle symbolise la frivolité, l'insouciance et la sensualité d'une époque. Ne fixe-t-elle pas dans un instantané toutes les pulsions éparses qu'éveillent les images du temps ?
http://www.erudit.org/revue/etudfr/1996/v32/n2/036024ar.pdf
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Becdanlo
MessagePosté le: 09/08/2007 11:18:34  Fumiko ?... Mais ça se termine pas par I ! --> Répondre en citant

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Pourquoi, alors, vouloir à tout prix le rapprocher de dona Lucrecia, son antipode, la perfection faite femme ? Parce que, se répondit-il, personne comme cet intellectuel sauvage n'aurait pu comprendre son émotion de midi en apercevant fugacement, dans la publicité d'une revue, ce petit pied ailé de fille asiatique, qui l'avait fait souvenir cette nuit du désir des pieds de reine de Lucrecia. Non, personne comme Restif, amateur, connaisseur suprême de ce culte que l'abominable race de psychologues et psychanalystes préférait appeler fétichisme, n'aurait pu le comprendre, l'accompagner et l'assister dans cet hommage et action de grâces à ces pieds adorés. « Merci, ma Lucrecia, pria-t-il avec onction, pour les heures de plaisir que je leur dois, depuis cette fois où je les ai découverts sur la plage de Pucusana et, sous l'eau et les vagues, les ai embrassés.» Transi, don Rigoberto sentit à nouveau les agiles petits doigts saumâtres remuer dans la grotte de sa bouche, et ses nausées à cause de l'eau de mer ingurgitée

http://marcheur_immobile.monblogue.branchez-vous.com/2003/12/19
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Léo Somba
MessagePosté le: 09/08/2007 16:10:52  Fumiko ?... Mais ça se termine pas par I ! --> Répondre en citant

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J'ai lu très en diagonale (désolé Bec, j'y reviendrais plus tard)... je comprend pas trop le rapport avec le titre (je comprend pas trop le titre en fait)...

Si ma lecture en diagonale ne me trompe pas il est question de pieds dans tes différents messages. ça me rappelle quelque chose :

Bec a écrit:
Observe bien le troisième signe (celui à droite)



Ne vois tu pas en bas un escarpin?
Un escarpin ca fait battre le coeur



et ça me fait aussi penser bien sûr à ton long pélerinage à pied...

Ferais-tu une fixation sur les pieds et les chaussures ? Salomon qu'en pensez-vous ?
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Becdanlo
MessagePosté le: 10/08/2007 11:04:23  Fumiko ?... Mais ça se termine pas par I ! --> Répondre en citant

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Inscrit le: 13 Nov 2005
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Léo a écrit :

Citation:
J'ai lu très en diagonale (désolé Bec, j'y reviendrais plus tard)... je comprend pas trop le rapport avec le titre (je comprends pas trop le titre en fait)...


Bin, non… il n’y a rien à comprendre… en fait le premier message a été détaché de l’encyclopédie de Lewis parce que ça faisait tache… tu sais léo, ma vie n’a été finalement qu’une grande tache ! Sad

Citation:
Ferais-tu une fixation sur les pieds et les chaussures ? Salomon qu'en pensez-vous ?


Bin, non je ne suis pas fétichiste au sens qu’a donné Freud à ce mot, mais je trouve très émouvant de voir un pied féminin… ceci dit, j’adore aussi les genoux de Claire, la nuque d’Isabelle, les épaules de Frida et le dos de Monika…

A chacun son encyclopédie… moi j’ai de quoi faire Very Happy

Smile
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Lewis Racoll
MessagePosté le: 10/08/2007 20:03:01  Fumiko ?... Mais ça se termine pas par I ! --> Répondre en citant

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Becdanlo a écrit:
les genoux de Claire, la nuque d’Isabelle, les épaules de Frida et le dos de Monika…
A chacun son encyclopédie… moi j’ai de quoi faire


Une encyclopédie, n'exagérons pas. Mais pour un puzzle ça m'a l'air bien parti.
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Becdanlo
MessagePosté le: 12/08/2007 13:01:03  Fumiko ?... Mais ça se termine pas par I ! --> Répondre en citant

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Inscrit le: 13 Nov 2005
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Va pour le puzzle !

Ici, le journal d’une femme de chambre le célèbre film de Luis Bunel d'après l'oeuvre d'Octave Mirbeau!



Après le dîner, nous flânâmes quelque temps sur les boulevards... Puis il
me paya une tournée de cinématographe. J'étais un peu molle d'avoir bu
trop de vin de Saumur. Dans le noir de la salle, pendant que, sur la plaque
lumineuse, l'armée française défilait, aux applaudissements de l'assistance,
il m'empoigna la taille et me donna, sur la nuque, un baiser qui faillit me
décoiffer.
—Tu es épatante... souffla−t−il... Ah ! nom d'un chien !... ce que tu sens
bon...
Il m'accompagna jusqu'à mon hôtel et nous restâmes là, quelques minutes,
sur le trottoir, silencieux, un peu bêtes... Lui, du bout de sa canne, tapait la
pointe de ses bottines... Moi, la tête penchée, les coudes au corps, les
mains dans mon manchon, j'écrasais, sous mes pieds, une peau d'orange...


http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Journal_d%E2%80%99une_femme_de_chambre
_____________________
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Lewis Racoll
MessagePosté le: 15/08/2007 23:00:49  Fumiko ?... Mais ça se termine pas par I ! --> Répondre en citant

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Inscrit le: 09 Oct 2005
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Localisation: Un peu à l'Ouest, parfois !

Il m'accompagna jusqu'à mon hôtel et nous restâmes là, quelques minutes,
sur le trottoir, silencieux, un peu bêtes... Lui, du bout de sa canne, tapait la
pointe de ses bottines... Moi, la tête penchée, les coudes au corps, les
mains dans mon manchon, j'écrasais, sous mes pieds, une peau d'orange
...

***

... En désespoir de donner le change, sans doute, il glissa sur une peau de banane. Ou peut-être était-ce ce fameux vin de Saumur.
Il se sentait honteux de son horizontalité subite. Il avait, semble-t-il, un peu trop anticipé la suite des évènements. De mon côté j'étais gênée. Et fière tout à la fois : je n'avais jamais eu, jusqu'alors, un homme à mes pieds.
La honte n'eut pourtant pas raison de lui, et il en profita même pour m'assommer d'une nouvelle tirade :

'Ils sont biens jolis tes pieds. Tu dois chausser, foi de connaisseur, du seize trois quarts. Sais tu qu'en Chine cette particularité est très recherchée et qu'elle te vaudrait tous les honneurs ?'

Ma condition de femme de chambre me confinait souvent à la modestie, voire à l'abstinence culturelle, mais, n'en déplaise à mon courtisan, j'en avais eu d'autres avant lui qui m'avaient fait le coup de la Chine et des femmes aux pieds bandés :

'Monsieur, lui dis-je, vous savez certes jauger avec précision du combien je chausse, mais cela ne fait pas de vous une pointure.'

Mon soupirant soupira...
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MessagePosté le: 20/09/2017 05:46:13  Fumiko ?... Mais ça se termine pas par I ! -->






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