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Mon étagère ouverte à tous les vents
Léo Somba
MessagePosté le: 22/11/2006 15:26:51  Mon étagère ouverte à tous les vents --> Répondre en citant

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Inscrit le: 26 Sep 2006
Messages: 580

Bon, comme Alice n'a pas manifesté un enthousiasme excessif à me garder sur son rayon de lumière, je me résous à poser mes bouquins sur une autre étagère.

Mais j'espère bien que vous viendrez y laisser des commentaires et des suggestions.


Pour commencer :

John Fante - Demande à la poussière



Un extrait de la préface par Charles Bukowski

"...Un jour, j'ai attrappé un livre, je l'ai ouvert et c'était ça. Je restai planté un moment en le lisant, comme un homme qui a trouvé de l'or à la décharge publique.(...) les phrases coulaient si facilement à travers la page, c'était comme un flux. Chaque ligne avait son énergie et était suivie par une autre. La vraie substance des phrases donnait une forme à la page comme si elle était sculptée. Enfin je découvris un homme qui n'avait pas peur de l'émotion. (...) Le début de ce livre me fit l'effet d'un miracle énorme et violent. Le livre était "Demande à la poussière" et l'auteur John Fante. Toute ma vie son influence a illuminé mon travail. (...) Oui, Fante a eu un énorme effet sur moi. Peu de temps après avoir lu ses livres, j'ai commencé à vivre avec une femme, elle était une plus grande ivrogne que moi, nous avions de grandes bagarres; souvent je lui criais : "Je ne m'appelle pas Fils de Pute, je m'appelle Bandini, Arturo Bandini". Fante était mon Dieu ...


Et le début du livre :

« Un soir je suis assis sur le lit dans ma chambre d'hôtel sur Bunker Hill, en plein coeur de Los Angeles. C'est un soir important dans ma vie, parce qu'il faut que je prenne une décision pour l'hôtel. Ou bien je paye ce que je dois ou bien je débarrasse le plancher. C'est ce que dit la note, la note que la taulière a glissée sous ma porte. Gros problème, ça, qui mérite la plus haute attention. Je le résous en éteignant la lumière et en allant me coucher. »

pour ceux qui préfèrent la VO
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Léo Somba
MessagePosté le: 08/01/2007 14:08:26  Mon étagère ouverte à tous les vents --> Répondre en citant

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Inscrit le: 26 Sep 2006
Messages: 580

Puisque la mode est à l'Italie.

Souviens-toi. Adolescent, tu avais lu, le baron perché et le vicomte pourfendu : tu n'avais pas tellement apprécié ; d'Italo Calvino tu aurais pu ne plus rien lire. Bien plus tard, Gabriella, ton amie italienne, dont tu admirais l'immense culture, l'esprit analytique, et bien d'autres choses encore que je n'énumèrerai pas pour ne pas faire une de ces phrases interminables qui fait perdre le fil à alice, et si Alice se perd dans son propre labyrinthe, qu'adviendra-t-il de nous, t'avait offert Temps zéro.





Tu l'avais trouvé vraiment bien. Notamment la nouvelle Le conducteur nocturne. Puis tu étais devenu un fan d'Italo Calvino, dévorant ses écrits.


Italo Calvino sur les sentiers du labyrinthe

Le choix du défi au labyrinthe comme une aventure de la connaissance est l'un de ceux qui ont rapproché Calvino de Queneau et qui ont déterminé son orientation. Aussi la postface écrite par Calvino pour accompagner la traduction en italien de la Petite cosmogonie portative constitue-t-elle une bonne illustration du travail à effectuer pour qui veut relever le défi. Ce travail, intitulé Piccola guida alla Piccola cosmogonia, rédigé entre 1978 et 1981, et qui prolonge et complète le travail d'Yvon Belaval, donne aussi des clés pour une bonne partie de l'œuvre calvinienne (en particulier Cosmicomics et Temps zéro).

Contrairement à Queneau, Calvino ne juge pas toujours nécessaire de faire disparaître définitivement l'échafaudage, après emploi (il rejoint en cela Georges Pérec). Le travail du scientifique n'est-il pas de découvrir -de rendre visibles- des échafaudages cachés ? Il est donc naturel que d'aller un peu plus loin à la rencontre de ces échafaudages invisibles, de rechercher dans la nature -telle qu'elle apparaît aux yeux du savant- pour y puiser l'argument d'une littérature qui est aussi l'épanouissement d'une découverte :

" Nous avons dit que la littérature est, tout entière, dans le langage, qu'elle n'est que la permutation d'un ensemble fini d'éléments et de fonctions. Mais la tension de la littérature ne viserait-elle pas sans cesse à échapper à ce nombre infini ? Ne chercherait-elle pas à dire sans cesse quelque chose qu'elle ne sait pas dire, quelque chose qu'elle ne sait pas, quelque chose qu'on ne peut pas savoir ? Telle chose ne peut pas être sue tant que les mots et les concepts pour l'exprimer et la penser n'ont pas été employés dans cette position, n'ont pas été disposés dans cet ordre, dans ce sens. Le combat de la littérature est précisément un effort pour dépasser les frontières du langage ; c'est du bord extrême du dicible que la littérature se projette ; c'est l'attrait de ce qui est hors du vocabulaire qui meut la littérature. "

Il s'agit donc d'un défi à relever, par l'écrivain comme par le savant. Et il précise :

" L'œuvre littéraire pourrait être définie comme une opération dans le langage écrit qui implique, d'un même mouvement, plusieurs niveaux de réalité. De ce point de vue, une réflexion sur l'œuvre littéraire peut ne pas être inutile pour le scientifique et le philosophe de la science. "

On ne s'étonnera donc pas que ces fragments autobiographiques qui s'assemblent dans Palomar aient pour titre le nom d'un observatoire d'astrophysique…


Dernière édition par Léo Somba le 08/01/2007 14:48:58; édité 2 fois
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alice
MessagePosté le: 08/01/2007 14:21:31  Mon étagère ouverte à tous les vents --> Répondre en citant

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Localisation: Wonderland

Oh ! Italo Calvino .... C'est bien lui qui a dit "«Lire, c'est aller à la rencontre d'une chose qui va exister» ?...

Si tu continuais à écrire ton histoire de coïncidences, Léo ? Tu sais : "Le Journal d'Alice". Je t'assure que ça m'interesse et que je trouve que c'est bien écrit (j'adore les phrases tarabiscotées avec pléthore de précisions qualificatives.)
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MessagePosté le: 23/10/2018 14:09:03  Mon étagère ouverte à tous les vents -->






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