- Stop, Lewis, STOP ! Tu m'énerves quand tu es comme ça, je raccroche !
- D'accord. Je te rappelle dans cinq minutes.
- Dans cinq minutes, pas plus, dépêche-toi.
Je nie tout en bloc !
Et de toute façon, les enregistrements téléphoniques n’ont aucune valeur devant les tribunaux…
Tu ne connais pas mon avocat !
Je ne connais pas le tien non plus, remarque.
Tiens, si on les faisait se rencontrer ? Dans quelques mois, avec un peu de chance, ils nous inviteraient à leur mariage, et on pourrait s'éclipser dans le jardin pour reprendre notre conversation là où nous l'avions laissé...
Lewis Racoll wrote: ils nous inviteraient à leur mariage...
Ah non ! Je ne veux plus entendre parler de mariage !
Au fait je vous l'avez raconté celle-ci ?
Nous roulons en voiture et Clochette regarde par le fenêtre les affiches qui défilent et qu'elle n'a pas le temps de bien lire : "Oh maman, le salon du mirage ! On pourra y aller ?... "
Evangeline a monté une société d'import-export. C'est un demi-succès; côté import, ça marche du feu de dieu, mais c'est l'export (comme on peut le constater ici depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois) qui bat de l'aile.
Cpn cosmos est toujours en train de rechercher ce qu'il a fait des deux "a", des deux "i", du "t" et du "e" qui manquent à son pseudo.
Robert Charlebois ? Je l'ai aperçu le week-end dernier sur une chaîne cablée.
Garou n'a toujours pas triomphé de son cancer de la gorge.
Gilles Vigneault, j'ai pas de nouvelles.
Quant à Felix Leclerc, il fait le mort depuis 1988.
Merci pour ces nouvelles Lewis. Toi qui, je n'en doute pas, a un sens infaillible des affaires, ne peux-tu rien faire pour les problèmes d'export d'Evangeline ?
As-tu des nouvelles de Richard Desjardins, autre québécois émérite ?
Allez, Les paroles d'une de ces chansons (je sais, je devrais aller à la salle de musique pour ça, mais me déplacer dans les couloirs trop vides du labyrinthe me déprime, me déprime encore plus):
LOMER
Carcassonne, automne 1460.
Adieu mon frère, adieu ma sœur
demain à l'aube les pieds nus,
j'irai dans les vastes noirceurs
d'où personne n'est revenu.
Adieu la Terre, tant si bonne,
qui tant d'eau froide m'a fait boire.
Adieu Humains, qu'on me pardonne
si je ne laisse que mon histoire.
En l'an quarantième de mon âge,
hors d'enfance et franc de dettes,
pourvu de sens, du moins le crois-je,
nul méfait que je regrette.
Qui meurt a ses lois de tout dire.
Écoutez bien, honnêtes gens,
car on m'a jugé à mourir.
Je me tais et je commence.
Quand vint la vire dedans mes chairs
mes mains tendaient vers la chaleur.
" Profites-en ", disait ma mère,
" pour un plaisir, mille douleurs. "
Et vint le temps de travailler,
lever moissons à bout de bras,
dans bonnes soupes s'y noyer,
la joie d'aider qui t'aidera.
Et vinrent les amoureuses lisses,
fortes fillettes offrant tétins
et vint la nuit que je me glisse
dans leurs cavernes de satin.
Qui donc refuse de jouir
des joies du monde quand sincère,
quand transglouti de plaisir,
comme la mer. Comme en Lomer.
Et vint Lomer. Pur étranger
clamant nouvelles des équateurs :
" Le temps est venu de changer,
pour mille plaisirs, nulle douleur. "
Il m'instruisit que Terre est ronde
comme on le croit en Portugal,
que puissance et beauté des nombres
feront se rompre les étoiles.
Je suis de caravane humaine,
cueillant le fruit où il se trouve,
j'ai traversé le pont qui mène
de l'amitié jusqu'à l'amour.
J'ai consenti. Oui, j'ai enfreint
les lois du Deutéronome
et celles de Saint-Augustin.
Je fus allé aimer un homme.
Cette matière à tous n'a plus,
trognons de chou et pets de diable,
qui pour le bien torturent et tuent,
ces mêmes qui furent des croisades.
Alors qu'un jour dans le verger
nous nous aimions sous les olives,
ils sont venus nous asperger
de haines lourdes et de chaux vive.
Sans cesse ils ont roué Lomer.
Sans force, substance ou liqueur,
il est tombé sous jets de pierre,
son fiel se crevant sur son cœur.
Ils m'ont traîné sous les regards
de tous les fols de Carcassonne,
devant des juges en lambeaux noirs
qui n'ont jamais aimé personne.
A l'entendeur voici ma voix :
je dis que je suis comme l'eau
que jamais nul n'escrasera
car toute bête garde sa peau.
L'encre se gèle, tombe le froid.
Mon sang dans ses veines roidit.
Qu'on sonne à branle le beffroi,
que s'ouvre à moi le paradis.
Pendant que mes juges faillis
iront bouillir dans les enfers,
dans les courtines de Marie,
je m'en irai aimer Lomer.
Adieu la Terre, tant si bonne,
qui tant d'eau froide m'a fait boire.
Adieu Humains, qu'on me pardonne
si je ne laisse que mon histoire.
C’était au festival le marathon des mots, dans le programme j’ai vu qu’il y avait Emmanuelle Urien, alors je me suis dit « Bec aurait sans doute aimé y assister, alors puisque il ne peut pas parce qu’il pérégrine, je vais y aller à sa place ».
J’ai d’abords assisté dans une librairie à un débat sur les nouvelles, les intervenants étaient Emmanuelle Urien, Antoine Volodine et Didier Daeninckx. C’était assez intéressant.
Puis, dans une chapelle, à une lecture de textes extraits de « la collecte des monstres »
par Emmanuelle Urien et Jeanne Cherhal (une jeune chanteuse, voir son site).
Et là j’ai été un peu déçu. Tout d’abord l’amplification sonore était beaucoup trop forte et il y avait un écho très désagréable. Sans micro c’aurait été mieux je pense (on n’était pas très nombreux et se mettant assez près je pense qu’on aurait bien entendu). J’ai jamais réussi à m’abstraire de ce petit désagrément et je n’ai pas réussi non plus à entrer dans les textes, je n’ai jamais vraiment été touché. Le fait qu’il y ait deux lectrices semblait une bonne idée à part que là je n’en pas trop perçu l’intérêt. Entre chaque histoire il y avait un petit intermède musical : Jeanne jouait du Melodica, c’était amusant mais bon sans plus...
Bref, je n’ai pas été emballé. Comme je ne pouvais pas rester sur cette note (je ne me voyais pas t’en faire part), j’ai acheté « collecte des monstres » (je t’enverrais la facture) et là ça m’a bien plu.
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Merci Léo de ce compte rendu de ta soirée avec Emmanuelle Urien !
Il s’en passe des choses à Toulouse !
J’ai le même problème que toi quant à l’acoustique d’un lieu (tu parles c’était mon métier)
J’ai assisté, pendant le festival Cabaret Frappé de Grenoble, à des lectures en pleine air dans la roseraie du jardin de Ville. J’ai mis plus de vingt minutes a me concentrer tant l’environnement était bruyant. Nous étions dans des transats, ce qui n’arrange pas la vigilance (rire)
En tout cas, je souhaite à Emmanuelle une belle carrière littéraire… elle le mérite bien !
j’ai le même problème quant à l’acoustique d’un lieu
Moi pareil ! En 1992 ou peu ou prouze, je faisais la première partie des Stones avec un de mes défunts groupes (j'en ai tellement que j'ose même plus citer les noms sous peine que le Labyrinth aparaisse dans la rubrique nécrologie de mon quotidien pas préféré). C'était dans une banlieue de Londres ; les Cailloux voulaient en revenir à l'essentiel à l'époque.
A la balance, tout se passait bien. Nous avons même eu droit à un petit coucou de chanteur le plus lippu du siècle (dernier) :
"- Hi, Mick. The Stones are one of my fav' bands!
- Really? Brian Wilson told me that once. John Lennon told me twice at least. And Cynthia, our hugest fan, a thousand times. Mozart did'nt say nothing about us... but you know... the artists!"
Le concert fut désatreux pourtant : dans mes retours, ce son stridant et incessant : miiiick-miiiick-miiiiick-miiiiiiick-miiiiiiiiiiiiick...
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Il s'agit de six nouvelles dont les héroïnes sont des femmes. Trois nouvelles ont pour thème le désir et la jouissance, l'amour aussi. Les trois autres ont la maternité.
extrait:
Elle n'aurait pas dû lui dire. Quand Jacques avait fini par lui avouer qu'il avait fait six ans de prison pour cambriolage, elle s'était mise à fermer chaque soir sa porte à double tour ; non qu'elle n'ait pas eu confiance en lui à ce moment-là, mais il lui avait fait réaliser qu'un cambrioleur était une personne en chair et en os : elle-même ne faisait-elle pas l'amour avec un homme qui en était un ? Maintenant qu'ils ne sont plus amants, [... ]
- chapitre : Le vrai moi - page : 69 - éditeur : Seuil - date d'édition : 2008 -
J'avais entendu Anne Brochet parler de son livre à la télé: